Oeuvres au noir
D’abord on est interloqué. Ces gris, ce noir… Renée-Paule Danthine nous a habitués à un festival de couleurs, alors voilà une expérience étrange. Et puis, c’est l’émotion qui nous envahit au milieu de ces fins dégradés, du noir absolu au blanc en passant par tant de gris.
Nous retrouvons le vocabulaire de l’artiste, les végétaux, herbes, graminées s’élancent. La verticalité est sauve, mais la souffrance les a transformés, les ténèbres se sont immiscées envahissant l’oeuvre. Comme une pause dans le mouvement, des fleurs blanches, noires, rouges sur le papier japon. Sur l’encre noire, un rouge éclatant cisèle un motif.
De petites silhouettes rouges ou violettes, comme des fantômes, errent dans la nuit. L’un est saturé de mots, qu’il est peut-être difficile d’exprimer.
L’incommunicabilité est patente, la solitude si poignante, les personnages sont perdus dans l’obscurité.
« J’ai voulu vider les pots de noir » dit l’artiste, comme on évacue la souffrance. Juguler la maladie, ne pas la laisser avoir le dessus. Une catharsis qui fait du bien.
La vie est là, aussi, dans ce jaillissement sombre, et toi, moi, ne sommes-nous pas également parfois cette petite silhouette cheminant dans les ténèbres. C’est de l’humaine condition que nous parle l’artiste.
M. Saint Siffre